Méthode par l'excédent brut d'exploitation
La méthode par l'excédent brut d'exploitation évalue un fonds de commerce en appliquant un multiple à l'excédent brut d'exploitation retraité, c'est-à-dire à la rentabilité d'exploitation du fonds corrigée des éléments propres à l'exploitant sortant.
Comment ça marche
Le point de départ est l'excédent brut d'exploitation constaté sur plusieurs exercices. Il doit être retraité pour refléter ce qu'un repreneur normal obtiendrait : rémunération du dirigeant ramenée à une valeur de marché, loyer normatif si l'exploitant est propriétaire des murs, suppression des charges personnelles et des produits exceptionnels, réintégration des dépenses différées.
Un multiple est ensuite appliqué à cet excédent retraité. Ce multiple traduit le risque et la transmissibilité : durée du bail, dépendance à l'exploitant, concentration de la clientèle, état du matériel, perspectives du secteur. Il se justifie par des transactions comparables, non par un usage récité.
La méthode a une vertu que la méthode par le chiffre d'affaires n'a pas : elle intègre le poids du loyer et de la masse salariale. Deux commerces au même chiffre d'affaires n'ont pas la même valeur si l'un paie un loyer double de l'autre.
Ce que ça change pour vous
C'est l'approche que retient un banquier : il finance une reprise si la rentabilité permet de rembourser la dette et de rémunérer le repreneur. Un prix qui ne passe pas ce test ne trouvera pas de financement, donc pas d'acquéreur.
Pour un cédant, préparer les retraitements avant la mise en vente change la perception du dossier. Une rémunération de dirigeant très supérieure au marché, un véhicule personnel, des charges non récurrentes : tout cela déprime l'excédent affiché et se rattrape par un retraitement documenté.
À ne pas confondre avec
Le résultat net : il intègre les amortissements, les charges financières et l'impôt, qui dépendent du financement et de la structure du repreneur, pas du fonds lui-même.
La capacité d'autofinancement : elle mesure les flux disponibles après charges financières et impôt, pour un exploitant donné.
La capitalisation du loyer : elle évalue les murs, pas le fonds.
Questions fréquentes
Quel multiple appliquer à mon EBE ? Il dépend du secteur, de la taille de l'affaire et du risque de transmission. Il se construit à partir de transactions comparables, pas d'une règle générale.
Mon comptable et mon acheteur ne trouvent pas le même EBE. Pourquoi ? Parce qu'ils ne pratiquent pas les mêmes retraitements. La discussion doit porter sur chaque retraitement, ligne par ligne, avant de parler de multiple.
Faut-il utiliser cette méthode pour un petit commerce ? Oui, au moins comme contrôle. Même sur une petite affaire, la question de savoir ce qui reste après loyer, salaires et charges est celle qui détermine si la reprise est finançable.