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Note de marché, septembre 2026 : ce que disent les cessions publiées en août

Trois chiffres du mois d'août 2026 sur les cessions de fonds de commerce à Paris, leur portée et leurs limites.

Commerce

En août 2026, 132 cessions de fonds de commerce parisiennes ont été publiées au BODACC avec un prix, pour une médiane de 200 000 euros, contre 151 cessions et une médiane de 150 000 euros en août 2025. Ce niveau médian est le plus élevé des huit premiers mois de 2026, alors même que le cumul de l'année reste rigoureusement au même niveau que l'an dernier. Cette note explique pourquoi les deux constats ne se contredisent pas.

Les trois chiffres du mois

132 cessions publiées en août 2026, contre 151 en août 2025

Le nombre d'annonces de cession de fonds de commerce parisiennes publiées au BODACC recule de 12,6 % sur un an. Sur les huit premiers mois de 2026, le total atteint 1 157 cessions publiées, contre 1 223 sur la même période de 2025, soit un repli de 5,4 %.

Portée : ce chiffre mesure l'activité de publication légale, donc le rythme réel des cessions de fonds soumises à publicité. Il n'est pas déclaratif et ne dépend d'aucune enquête.

Limite : le BODACC publie à la date de parution de l'annonce et non à la date de l'acte. Sur les 549 annonces de notre extraction où la date de l'acte est explicitement mentionnée et lisible (1,3 % des cessions retenues), le délai médian entre l'acte et la parution est de 26 jours, avec un premier quartile à 16 jours et un troisième quartile à 41 jours. Les annonces d'août reflètent donc pour l'essentiel des actes signés en juillet. Août est par ailleurs un mois creux : 132 annonces, contre 151 en juillet et 146 en juin. Il ne se compare qu'à un autre mois d'août.

200 000 euros de prix médian en août 2026, contre 150 000 euros en août 2025

La médiane du mois progresse de 33,3 %. Le premier quartile s'établit à 64 321 euros et le troisième à 375 000 euros : la moitié des fonds cédés se sont échangés dans cette fourchette.

Portée : la médiane est calculée sur 132 prix réels stipulés dans les actes, sans redressement ni pondération. Elle n'est pas une moyenne, donc une cession exceptionnelle ne la déplace pas.

Limite : 132 observations sur un mois isolé, ce n'est pas un indice de prix. Le cumul de janvier à août 2026 donne une médiane de 150 000 euros, identique à celle des huit premiers mois de 2025. La hausse d'août est un mouvement de mois, pas encore un mouvement de marché.

74 des 132 annonces d'août relèvent de la restauration, soit 56,1 %

En août 2025, la restauration et les débits de boissons pesaient 67 annonces sur 151, soit 44,4 %. Sur l'ensemble de 2026, ce secteur représente 49,9 % des cessions publiées.

Portée : la restauration est le secteur le plus cher du marché parisien des fonds de commerce. Sa médiane d'août 2026 s'établit à 245 000 euros, contre 200 000 euros en août 2025. Quand sa part augmente dans un mois, la médiane générale monte mécaniquement.

Limite : le classement sectoriel est automatique, à partir du libellé d'activité publié dans l'annonce. Un fonds dont l'annonce ne décrit pas l'activité reste non classé, et la part calculée porte donc sur les seules annonces classables.

Ce que ces trois chiffres indiquent

La hausse de la médiane d'août ne s'explique pas seulement par la composition du mois. Hors restauration, la médiane des cessions publiées en août 2026 est de 120 000 euros sur 58 annonces, contre 94 000 euros sur 84 annonces en août 2025. Les deux blocs montent : la restauration de 22,5 %, le reste du marché de 27,7 %. La déformation sectorielle amplifie le mouvement, elle ne le crée pas.

Le second constat corrige le premier. Sur huit mois, la médiane parisienne ne bouge pas : 150 000 euros en 2026 comme en 2025. Le troisième quartile recule légèrement, de 350 000 à 340 000 euros. Ce que produit 2026 jusqu'ici, ce n'est pas une revalorisation des fonds de commerce parisiens, c'est un marché stable en prix et un peu moins dense en volume, avec une variabilité mensuelle élevée.

Cette variabilité mérite d'être prise au sérieux. Entre janvier et août 2026, la médiane mensuelle est passée de 104 516 euros en mars à 200 000 euros en août. Un vendeur qui fonde son prix sur le dernier mois publié se trompe d'instrument. La bonne unité de lecture est le semestre, ou l'année glissante.

Point d'attention pour un commerçant

Si vous vendez, ne raisonnez pas sur la médiane parisienne, raisonnez sur votre secteur et votre arrondissement. L'écart est plus large que la médiane parisienne ne le laisse croire : au premier semestre 2026, parmi les secteurs comptant au moins 15 cessions, la médiane va de 25 000 euros en coiffure et beauté à 1 200 000 euros en pharmacie, optique et santé. Un salon de coiffure aligné sur la médiane parisienne serait affiché à six fois la médiane de son propre secteur.

Si vous achetez, le décalage de parution joue pour vous. Les annonces publiées en septembre décrivent des affaires signées en été. Ce que vous lisez aujourd'hui vous informe sur le prix accepté il y a un à deux mois, pas sur celui que le vendeur d'en face vous demandera demain.

Point d'attention pour un investisseur

Le volume baisse plus vite que les prix. Sur huit mois, moins 5,4 % de cessions publiées, pour une médiane inchangée. Un marché qui se raréfie sans se déprécier est un marché où la sélection compte davantage que le calendrier : il y a moins d'occasions, et elles ne sont pas moins chères.

Le troisième quartile est l'indicateur à suivre pour le haut de marché. Il recule de 350 000 à 340 000 euros entre les huit premiers mois de 2025 et ceux de 2026, soit moins 2,9 %, pendant que la médiane ne bouge pas. Si ce repli se confirme au quatrième trimestre, il signalera un tassement des grosses opérations avant celui du marché courant.

Sources et méthode

Source unique : BODACC, annonces de ventes et cessions, open data de la Direction de l'information légale et administrative, extraction du 8 septembre 2026, département de Paris. Le champ retenu est la cession de fonds de commerce par achat, avec un prix exprimé en euros. Les statistiques sont des médianes et des quartiles, jamais des moyennes.

Aucune variation en pourcentage n'est publiée dans cette note lorsque l'une des deux périodes comparées compte moins de 15 observations.

L'avertissement suivant est repris mot pour mot de la fiche de méthode de l'extraction, sans modification :

Le prix publié au BODACC est le prix stipulé dans l'acte de cession, déclaré pour permettre l'opposition des créanciers. Il porte sur le fonds de commerce dans son ensemble et non sur le seul droit au bail. Il n'inclut pas les stocks, qui font l'objet d'un règlement séparé. Les statistiques publiées sont des médianes et des quartiles, jamais des moyennes, afin de neutraliser les cessions atypiques.

Note publiée le 8 septembre 2026 par Point de Vente, 8 rue Bellini, 75016 Paris. Signature : David Brami.

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